GTB ou GTC : ce que le décret BACS exige vraiment

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L'essentiel à retenir : GTC ou GTB et décret BACS

Le décret BACS détaille plusieurs spécificités à prendre en compte : seuils de puissance, classes de performance, fonctions à respecter, échéances différentes selon les bâtiments.
Si ces élements peuvent paraître complexes, la réglementation reste plus simple qu’elle n’y paraît. GTC ou GTB, le texte précise qu’un système, quel qu’il soit, remplisse une série de fonctions : suivre les données énergétiques, les analyser, ajuster les équipements en conséquence, permettre une intervention manuelle. Une installation existante, peut répondre à une partie de ces exigences.

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Que recommande le Décret BACS ?

Le Code de la construction et de l’habitation définit le système attendu de façon neutre sur le plan technologique. L’article R.175-1 le décrit comme tout système comprenant les produits, logiciels et services d’ingénierie capables de soutenir le fonctionnement efficace, sur les plans énergétique, économique et sûr, des systèmes techniques du bâtiment.
L’arrêté du 7 avril 2023 précise ensuite les fonctions concrètes attendues de ce système.

GTC OU GTb image bureaux

GTC et GTB : deux approches différentes

 GTC (Gestion Technique Centralisée)GTB (Gestion Technique du Bâtiment)
PérimètreUn seul lot (ex : chauffage seul)Tous les lots techniques : chauffage, ventilation, climatisation, éclairage, eau chaude sanitaire, stores, sécurité
Communication entre systèmesAucuneCentralisée, les systèmes échangent des données
Vision de la consommationPartielle, par équipementGlobale, à l’échelle du bâtiment
Détection des dérivesLimitée à son propre lotCroisée entre lots (ex : chauffage et climatisation actifs simultanément)
Reporting réglementaire (OPERAT)Données disperséesFacilité, données consolidées

Les fonctions exigées par le décret BACS

Suivre, enregistrer et analyser les données énergétiques

Le système doit collecter les données de production et de consommation énergétique des équipements techniques.
Cette collecte doit se faire par zone fonctionnelle, avec un pas de temps horaire. Les données doivent être conservées pendant cinq ans.

Ajuster les systèmes techniques en conséquence

Le suivi des données ne suffit pas à lui seul. Le système doit utiliser ces données pour ajuster le fonctionnement des équipements, pas seulement les afficher sur un écran de supervision.

Détecter les pertes d'efficacité et informer l'exploitant.

Le système doit comparer l’efficacité énergétique du bâtiment à des valeurs de référence. Cette comparaison permet de repérer les pertes de performance et de signaler des pistes d’amélioration à l’exploitant.

Être interopérable avec les différents systèmes techniques du bâtiment

Chauffage, ventilation, climatisation et éclairage doivent pouvoir échanger des données entre eux, pas fonctionner en silos indépendants.

Permettre l'arrêt manuel et la gestion autonome des systèmes.

L’exploitant doit pouvoir intervenir manuellement sur les équipements, en complément du pilotage automatique.

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GTC OU GTb image

Ce que couvre une GTC bien installée, et où elle atteint ses limites

La GTC reste une solution efficace sur son propre périmètre. Elle pilote un lot technique donné, le chauffage par exemple, avec un niveau de précision locale. Elle peut suivre certaines données de consommation, ajuster automatiquement les équipements de ce lot, et permettre une intervention manuelle sur ce même lot. Sur ces points, une GTC bien installée remplit une partie des exigences du décret.

Sa limite apparaît dès qu’il faut relier plusieurs lots entre eux. Une GTC de chauffage ignore ce que fait la climatisation au même moment. Ce système ne peut pas comparer la performance globale du bâtiment à une valeur de référence car une partie des équipements n’est pas détecté. La GTC ne peut pas non plus garantir une interopérabilité avec les autres systèmes techniques, faute de communication entre les lots. Ces trois points font partie des exigences du décret, et ce sont précisément ceux qu’une architecture centralisée résout par construction.

Pourquoi une architecture GTB centralisée va plus loin ?

Un avantage économique : mieux arbitrer les dépenses énergétiques

Une GTB réunit les données de tous les lots techniques sur un même outil de gestion. L’exploitant visualise la consommation du bâtiment dans son ensemble, pas lot par lot. Il peut alors identifier les postes qui pèsent le plus dans la facture énergétique, et arbitrer ses priorités d’investissement en connaissance de cause, plutôt qu’en réagissant équipement par équipement.
Un avantage réglementaire : produire des données fiables et faciles à extraire.

Cette même centralisation répond directement à plusieurs exigences du décret en même temps.

  • Le suivi des données par zone fonctionnelle car tous les équipements remontent déjà vers le même système.
  • La comparaison à des valeurs de référence, pour détecter les pertes d’efficacité, devient possible à l’échelle du bâtiment entier.
  • L’interopérabilité entre systèmes techniques cesse d’être un point de vigilance séparé : elle fait partie de la conception même de l’outil. En cas de contrôle ou de déclaration réglementaire, les données sont déjà consolidées, plutôt qu’à reconstituer manuellement à partir de plusieurs relevés séparés.
GTC OU GTB image bis

La checklist decret BACS et GTB

Quelques questions permettent de vérifier la situation actuelle, fonction par fonction :

  • Votre système enregistre-t-il les données énergétiques par zone, avec un pas de temps horaire, et les conserve-t-il sur cinq ans ?
  • Ces données servent-elles réellement à ajuster le fonctionnement des équipements, ou restent-elles seulement consultables ?
  • Le système compare-t-il la performance du bâtiment à des valeurs de référence, pour repérer les pertes d’efficacité ?
  • Recevez-vous des recommandations d’amélioration issues de cette analyse ?
  • Les différents équipements (chauffage, ventilation, climatisation, éclairage) échangent-ils des données entre eux ?
  • Pouvez-vous arrêter manuellement un équipement et gérer certains systèmes de façon autonome ?

Une réponse négative à plusieurs de ces questions signale un écart avec les exigences du décret.

Le décret BACS ne demande pas d’installer un produits spécifique. Le texte précise qu’un système, quel que soit son nom, remplisse des fonctions précises. Une GTC bien construite peut déjà en couvrir plusieurs. Une architecture GTB centralisée va plus loin sur deux plans concrets : faciliter l’arbitrage des dépenses énergétiques, et produire des données fiables et exploitables au moment de la déclaration réglementaire. L’échéance du 1er janvier 2027 approche pour les bâtiments dont la puissance dépasse 70 kW.

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La GTC, ou gestion technique centralisée, désigne un système qui pilote un seul type d’équipement dans un bâtiment : le chauffage, la ventilation ou l’éclairage, par exemple. Ce système reste isolé, sans communication avec les autres équipements du bâtiment. Un exploitant peut suivre la consommation de chauffage sans connaître l’état de la climatisation au même moment.

La GTB, ou gestion technique du bâtiment, réunit plusieurs lots techniques dans un même système. Chauffage, ventilation, climatisation, éclairage, eau chaude sanitaire, stores et sécurité peuvent tous en faire partie. Ces équipements communiquent entre eux et transmettent leurs données à un superviseur commun. Un exploitant obtient ainsi une vision globale de la consommation énergétique du bâtiment, plutôt qu’une addition de relevés séparés.

Non, la réglementation n’impose pas d’installer une GTC ou GTB. Le décret BACS exige un système d’automatisation qui atteint au minimum la classe C selon la norme NF EN ISO 52120-1. L’obligation concerne les bâtiments tertiaires équipés d’un système de chauffage ou de climatisation de plus de 70 kW. Cette obligation s’applique depuis le 1er janvier 2025 pour les puissances supérieures à 290 kW, et à partir du 1er janvier 2027 pour les puissances supérieures à 70 kW.

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